
Bunny Wailer, né Neville O’Riley Livingston le 10 avril 1947, est une icône du reggae jamaïcain, cofondateur des Wailers aux côtés de Bob Marley et Peter Tosh. Surnommé Jah B, il a marqué le genre par sa voix soul, ses textes spirituels et son engagement rastafari. Avec son album solo Blackheart Man et trois Grammy Awards, il a influencé le reggae roots jusqu’à sa mort en 2021, laissant un héritage de foi et de résistance.
Biographie de Bunny Wailer
Jeunesse et débuts
Bunny Wailer grandit à Nine Mile, Jamaïque, où il devient ami d’enfance de Bob Marley, son demi-frère par alliance. Élevé dans une communauté rurale, il développe un intérêt précoce pour la musique. Dans les années 1960, il déménage à Kingston et forme les Wailing Wailers en 1963 avec Marley et Peter Tosh, sous l’égide de Coxsone Dodd. Leur premier single, Simmer Down (1964), un hit ska, propulse le groupe sur la scène locale. Wailer contribue aux harmonies vocales et aux premières compositions du groupe.
Carrière solo et Blackheart Man
En 1976, Wailer sort son premier album solo, Blackheart Man, un chef-d’œuvre du reggae roots produit sur son label Solomonic. Cet album reflète sa foi rastafari et sa critique des injustices sociales. Principaux titres de l’album :
- Dreamland : Une ode spirituelle à l’Afrique.
- Fighting Against Conviction : Un texte dénonçant l’oppression.
Il enchaîne avec des albums comme Protest (1977), Struggle (1978), et Bunny Wailer Sings the Wailers (1980), où il revisite des classiques des Wailers avec une touche personnelle.
Succès et reconnaissance
Dans les années 1980 et 1990, Wailer consolide sa réputation avec des albums comme Rock ‘n’ Groove (1981) et Time Will Tell: A Tribute to Bob Marley (1990). Il remporte trois Grammy Awards pour Time Will Tell (1990), Crucial! Roots Classics (1994), et Hall of Fame: A Tribute to Bob Marley’s 50th Anniversary (1996). Ses performances au Reggae Sunsplash et ses tournées limitées renforcent son statut de pionnier. Contrairement à Marley et Tosh, Wailer privilégie une vie discrète, centrée sur sa ferme à St. Thomas et sa spiritualité.
Mort et héritage
Bunny Wailer s’éteint le 2 mars 2021 à Kingston, à 73 ans, des suites de complications liées à un AVC. Dernier survivant des Wailers originaux, il laisse un impact durable :
- L’Order of Jamaica (2017) et l’Order of Merit (2019) décernés par le gouvernement jamaïcain.
- Une discographie influente portée par sa fille Abyssinia et la fondation Solomonic.
- Inspiration pour des artistes comme Chronixx et Protoje.
Discographie : Les 10 titres les plus populaires de Bunny Wailer
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Dreamland (Blackheart Man, 1976)
Une ode spirituelle à l’Afrique, reprise d’une version antérieure des Wailers (1971) et d’El Tempos’ My Dream Island. Ce titre est souvent cité comme sa chanson signature, évoquant un paradis rastafari.
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Fighting Against Conviction (Blackheart Man, 1976)
Inspirée par son incarcération dans les années 1960, cette chanson dénonce l’oppression et est un classique du reggae roots, largement saluée par les critiques.
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Blackheart Man (Blackheart Man, 1976)
Chanson titre de son album phare, elle incarne la spiritualité rastafari et la résistance culturelle. Elle figure parmi ses titres les mieux classés sur des plateformes comme BestEverAlbums.
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Armagideon (Armageddon) (Blackheart Man, 1976)
Un titre apocalyptique aux images de feu et de rédemption, souvent célébré pour sa puissance lyrique et son influence sur le reggae.
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Pass It On (Burnin’, 1973; repris sur Solomonic Singles, 1974)
Écrite par Wailer en 1962, cette chanson des Wailers, où il chante en lead, est devenue un hymne reggae. Sa version solo pour son label Solomonic est également populaire.
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Cool Runnings (Rock ‘n’ Groove, 1981)
Un titre upbeat aux influences dancehall, très apprécié pour son énergie et son message positif, souvent cité comme un favori des fans.
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Boderation (Crucial! Roots Classics, 1994)
Ce single des années 1980, inclus dans une compilation primée, est loué pour son style roots et son message social, en faisant un classique live.
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The Old Dragon (Struggle, 1979)
Chanson spirituelle sur Lucifer, utilisée par Wailer pour ouvrir ses concerts, ce qui lui confère une place spéciale dans son répertoire.
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Rasta Man (Blackheart Man, 1976)
Un titre militant célébrant l’identité rastafari, souvent mentionné dans les classements pour son authenticité et son impact.
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Mellow Mood (Bunny Wailer Sings the Wailers, 1980)
Reprise d’un classique des Wailers, ce titre est populaire pour sa douceur et la réinterprétation soulful de Wailer, soutenue par Sly et Robbie.
5 anecdotes à propos de Bunny Wailer
Pourquoi Bunny Wailer a-t-il été surnommé « Jah B » ?
Bunny Wailer était souvent appelé Jah B, un surnom reflétant sa foi rastafari profonde. « Jah » fait référence à Dieu (Jah Rastafari), et le « B » provient de son prénom, Bunny. Ce surnom, utilisé par ses proches et les fans, soulignait son rôle spirituel au sein des Wailers, où il incarnait l’âme mystique du trio, contrastant avec le militantisme de Peter Tosh et la vision poétique de Bob Marley.
Quel rôle a-t-il joué dans la création de la danse « Electric Slide » ?
En 1982, Bunny Wailer a composé la chanson Electric Boogie pour Marcia Griffiths, une collaboratrice de longue date. Ce titre a inspiré la célèbre danse de groupe Electric Slide, qui a gagné en popularité à partir de 1986, notamment à Washington D.C. Bien que Wailer ait enregistré sa propre version, celle de Griffiths est devenue un phénomène mondial, marquant une contribution inattendue à la culture pop.
Comment Bunny Wailer a-t-il influencé le reggae à travers son mentorat ?
Bunny Wailer a été mentoré par Joe Higgs, surnommé le « Godfather of Reggae », qui lui a appris à perfectionner les harmonies vocales. Plus tard, Wailer a transmis cet héritage en guidant de jeunes artistes à Trenchtown. Son enseignement des techniques vocales et sa promotion des valeurs rastafari ont influencé la génération suivante, bien au-delà de ses propres enregistrements.
Quelle était son activité en dehors de la musique ?
Après avoir quitté les Wailers en 1973, Bunny Wailer s’est retiré dans les collines de Jamaïque, où il a vécu une vie quasi-ascétique, cultivant sa propre nourriture sur sa ferme à St. Thomas. Cette autosuffisance, en accord avec ses principes rastafari, lui a permis de rester ancré dans sa culture et d’éviter les pressions commerciales de l’industrie musicale.
Quel honneur unique a-t-il reçu en 2018 ?
En février 2018, Bunny Wailer a reçu un Lifetime Achievement Award de la station de radio jamaïcaine IRIE FM lors d’une cérémonie à Kingston, où il a donné une performance mémorable de 45 minutes. Cet événement, qui a réuni des figures comme Bob Andy et U-Roy, a célébré son rôle pionnier dans le reggae et son impact culturel durable.
