Buju Banton

Buju Banton

Buju Banton, né Mark Anthony Myrie le 15 juillet 1973, est une icône du reggae et dancehall jamaïcain, connu pour sa voix rauque, ses textes percutants et son influence mondiale avec des hits comme Champion et Wanna Be Loved. Pionnier du reggae conscient dans les années 1990, il a marqué le genre avec des albums comme ’Til Shiloh et Inna Heights. Malgré des controverses et une incarcération, Banton reste une figure incontournable, mêlant spiritualité rastafari et engagement social, et continue d’inspirer des générations d’artistes.

Biographie de Buju Banton

Jeunesse et débuts

Buju Banton grandit à Salt Lane, un quartier pauvre de Kingston, Jamaïque, dans une famille de 15 enfants. À 12 ans, il commence à toaster dans les sound systems locaux, influencé par Bob Marley, Dennis Brown et Shabba Ranks. En 1987, à 14 ans, il sort son premier single, The Ruler, produit par Robert French, marquant ses débuts dans le dancehall avec un flow brut et énergique.

Percée dans le dancehall

Dans les années 1990, Buju devient une star du dancehall avec des hits comme Boom Bye Bye (1992), un titre controversé, mais qui propulse sa notoriété. Signé chez Penthouse Records, il sort Stamina Daddy (1992) et Mr. Mention (1992), qui bat des records de ventes en Jamaïque. À 19 ans, il est l’un des artistes les plus en vue, mêlant dancehall cru et messages sociaux, comme dans Deportees. Son style vocal distinctif et ses performances scéniques électrisent les foules.

Transition vers le reggae conscient : ’Til Shiloh

En 1995, Buju opère un tournant avec ’Til Shiloh, un chef-d’œuvre du reggae roots produit par Donovan Germain et Bobby Digital. Influencé par sa conversion au rastafarisme, l’album, incluant Untold Stories, ’Til I’m Laid to Rest et Hush Baby Hush, explore la spiritualité, la pauvreté et l’injustice. Salué comme un classique, il remporte un succès mondial et marque un virage vers des textes plus profonds, éloignant Buju de l’image provocatrice de ses débuts. L’album atteint la 2e place du Billboard Reggae Albums Chart.

Succès continu avec Inna Heights et au-delà

En 1997, Inna Heights consolide son statut, avec des hits comme Destiny et Hills and Valleys. Produit avec des légendes comme Sly & Robbie, l’album mélange reggae et dancehall, renforçant son message rastafari. Malgré des controverses persistantes autour de Boom Bye Bye, Buju enchaîne avec Unchained Spirit (1999) et Rasta Road Trip (2005), collaborant avec des artistes comme Beres Hammond et Snoop Dogg. Ses tournées internationales, notamment au Reggae Sunsplash, attirent des foules massives, et il devient une voix influente du reggae mondial.

Retour triomphal avec Upside Down 2020

Libéré en 2018, Buju fait un retour fracassant avec Upside Down 2020, son premier album en 15 ans, nommé aux Grammy Awards 2021. Incluant des collaborations avec Pharrell Williams (Cherry Pie), Stephen Marley (Yes Mi Friend), et John Legend (Memories), l’album atteint la 6e place du Billboard Reggae Albums Chart. Des titres comme Blessed et Buried Alive reflètent sa résilience et son engagement rastafari. Il relance sa carrière avec des performances au Long Walk to Freedom Concert (2019) et au Coachella (2023), prouvant son influence intacte.

Style et impact

Buju Banton se distingue par sa voix grave et versatile, capable de passer du dancehall énergique au reggae méditatif. Ses textes, souvent en patois jamaïcain, abordent l’amour, la spiritualité, et les luttes sociales, influencés par Bob Marley et Garnett Silk. Pionnier du reggae conscient, il a redéfini le dancehall dans les années 1990, inspirant des artistes comme Chronixx, Koffee, et Popcaan. Ses performances scéniques, marquées par une énergie brute et une présence charismatique, restent légendaires.

Vie personnelle et philanthropie

Buju est père de plusieurs enfants, dont Jahleel Myrie, et reste discret sur sa vie amoureuse. Rastafari convaincu, il vit selon des principes de simplicité et de connexion à la nature. Engagé dans la philanthropie, il soutient des initiatives via sa Buju Banton Foundation, aidant les jeunes défavorisés en Jamaïque. Il milite pour la dépénalisation du cannabis et la réforme judiciaire, s’appuyant sur son expérience personnelle. En 2020, il lance une ligne de vêtements rastafari, renforçant son rôle culturel.

Reconnaissance et postérité

Buju Banton a remporté un Grammy Award (’Til Shiloh, 1996) et plusieurs International Reggae and World Music Awards. Salué par Rolling Stone, Billboard, et The FADER, il est reconnu comme un pilier du reggae moderne. En 2023, il continue de tourner dans des festivals comme Rototom Sunsplash et de produire via son label Gargamel Music. Malgré les controverses, son héritage perdure, influençant le reggae revival et incarnant la résilience d’un artiste qui transforme l’adversité en art.

Dates à retenir

  • 1973 : Naissance à Kingston, Jamaïque

  • 1987 : Premiers enregistrements en studio

  • 1992 : Percée majeure dans le dancehall jamaïcain

  • 1995 : Sortie de ’Til Shiloh, virage vers le reggae roots

  • 2003 : Parution de Friends for Life

  • 2010 : Sortie de Before the Dawn

  • 2019 : Retour sur scène internationale après plusieurs années d’absence

Discographie

Hits

  • Bogle (Bogle, 1992)
    Hymne dancehall emblématique du début de carrière de Buju Banton, dédié au danseur Gerald “Bogle” Levy.

  • Untold Stories (’Til Shiloh, 1995)
    Morceau introspectif devenu un classique, illustrant son virage vers un reggae plus conscient.

  • Destiny (’Til Shiloh, 1995)
    Titre spirituel et fédérateur, souvent cité parmi ses chansons les plus influentes.

  • Murderer (’Til Shiloh, 1995)
    Chanson engagée dénonçant la violence armée en Jamaïque.

  • Hills and Valleys (Inna Heights, 1997)
    Un titre d’espoir et de persévérance, largement diffusé sur les radios reggae internationales.

Discographie sélective

  • Mr. Mention (1992)

  • ’Til Shiloh (1995)

  • Inna Heights (1997)

  • Unchained Spirit (2000)

  • Friends for Life (2003)

  • Before the Dawn (2010)

Distinctions

  • Grammy Award du Meilleur Album Reggae – Before the Dawn (2011)

  • Plusieurs nominations aux MOBO Awards et autres cérémonies internationales reggae

Anecdotes

Pourquoi ’Til Shiloh est-il considéré comme un album clé ?

Il marque la transition officielle de Buju Banton du dancehall hardcore vers un reggae roots et spirituel, influençant durablement la scène jamaïcaine.

D’où vient son nom de scène ?

“Buju” (un pain traditionnel jamaïcain) était un surnom d’enfance à cause de son physique rond, et “Banton” est un hommage à Burro Banton, pionnier du style dancehall.

A-t-il toujours revendiqué une identité rastafarienne ?

Non, cette dimension spirituelle s’est affirmée progressivement au milieu des années 1990, parallèlement à son évolution musicale.

Pourquoi son retour sur scène a-t-il marqué les esprits ?

Après plusieurs années d’absence, ses concerts de retour ont rassemblé des dizaines de milliers de fans et symbolisé sa place intacte dans l’histoire du reggae.

Quel est son impact sur la nouvelle génération reggae ?

Buju Banton est régulièrement cité comme une influence majeure par des artistes reggae et dancehall contemporains, tant pour son flow que pour la profondeur de ses textes.